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Tahar Ben Jelloun visé par Abdelaziz Rahabi après Ceuta : ce qu’il avait réellement déclaré

mardi 18 août 2026, par Laila

Après la crise de Ceuta, Abdelaziz Rahabi a sévèrement mis en cause Tahar Ben Jelloun. Mais l’interview originale de l’écrivain marocain n’attribue pas directement à l’Algérie la responsabilité de l’exode. Retour sur deux lectures très différentes d’une même crise.

Tahar Ben Jelloun a assisté au départ de milliers de jeunes vers Ceuta dans la nuit du 30 juillet. Depuis la région de Tétouan, de nombreux Marocains se dirigeaient alors vers la frontière de l’enclave espagnole, au cœur d’une crise migratoire sans précédent.

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Interrogé quelques jours plus tard par El País, l’écrivain marocain a surtout exprimé son incompréhension face à l’attitude des forces de sécurité de son pays.

Il affirmait avoir vu des policiers laisser les jeunes poursuivre leur route et estimait qu’ils auraient pu être arrêtés dès Tétouan. Selon lui, cette absence d’intervention révélait un manque « d’intelligence politique ».

Tahar Ben Jelloun s’interrogeait également sur le contexte diplomatique. Le chef du gouvernement espagnol s’était rendu à Alger dix jours avant l’exode. L’écrivain disait toutefois douter que ce rapprochement avec l’Algérie ait constitué le véritable déclencheur de la crise.

Il formulait ensuite une hypothèse : si les autorités marocaines avaient laissé passer les migrants pour punir Madrid de son rapprochement avec Alger, cette décision aurait été, selon lui, une erreur. Cette phrase était conditionnelle et ne revenait pas à accuser l’Algérie d’avoir organisé les départs.

Abdelaziz Rahabi dénonce une tentative de mettre en cause l’Algérie

Dans une tribune publiée par le quotidien algérien El Khabar, Abdelaziz Rahabi a pourtant livré une lecture beaucoup plus sévère de cette intervention.

Selon TSA Algérie, l’ancien ministre de la Communication et ancien diplomate reproche à Tahar Ben Jelloun de vouloir associer l’Algérie à « la misère et à la violence » de la crise de Ceuta. Il le qualifie même d’« agent d’influence et de propagande ».

Rahabi lui attribue notamment l’affirmation selon laquelle l’Algérie aurait été à l’origine de la marche vers Ceuta et que les Algériens auraient constitué la majorité des personnes entrées dans l’enclave.

Ces deux affirmations n’apparaissent cependant pas dans l’entretien de Tahar Ben Jelloun publié par El País. Dans cette interview, l’écrivain met principalement en cause la gestion marocaine de la frontière et évoque le rôle de l’Algérie uniquement comme une hypothèse liée aux relations entre Rabat et Madrid.

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Il convient également de ne pas présenter la tribune de Rahabi comme une réponse officielle de l’État algérien. Bien qu’il ait exercé plusieurs responsabilités diplomatiques et gouvernementales, Abdelaziz Rahabi s’exprime ici en son nom propre.