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« Je ne me suis jamais senti français » : condamné pour Daech, il veut partir en Algérie mais reste bloqué

mercredi 12 août 2026, par Arabika24.com

Condamné à treize ans de prison après son départ en Syrie, Tewffik Bouallag veut désormais quitter définitivement la France pour l’Algérie. Libéré en avril, cet ancien combattant de Daech reste pourtant au centre de rétention de Lesquin, faute de réadmission par Alger.

Une situation pour le moins paradoxale.

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Tewffik Bouallag ne demande pas à rester en France. Bien au contraire : cet homme de 43 ans, condamné pour avoir rejoint Daech en Syrie, souhaite désormais partir définitivement en Algérie.

Pourtant, plusieurs mois après sa sortie de prison, il se trouve toujours en France.

Libéré en avril 2026, il a immédiatement été placé au centre de rétention administrative de Lesquin, dans le Nord. Son éloignement vers l’Algérie n’a cependant toujours pas pu être organisé, les autorités algériennes n’ayant pas, à ce stade, procédé à sa réadmission.

Selon France 3 Centre-Val de Loire, cité par le Journal du Dimanche, Tewffik Bouallag assure lui-même réclamer son départ depuis son arrivée au CRA.

« Depuis mon placement en centre de rétention, je demande à plusieurs reprises à être renvoyé en Algérie, conformément à mon souhait de quitter définitivement la France. À ce jour, cette situation n’a toujours pas été résolue », explique-t-il.

Une demande qui prend une dimension particulière au regard de son parcours.

Né en 1983 à Dreux, de parents algériens, Tewffik Bouallag possédait auparavant la nationalité française.

En 2013, il quitte la France pour la Syrie et rejoint les rangs de l’organisation État islamique. Après son retour en Europe, il est arrêté puis poursuivi par la justice française.

En 2019, la cour d’assises spéciale de Paris le condamne à treize ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers, pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Il avait lui-même demandé à ne plus être français

Avant même sa libération, Tewffik Bouallag avait entrepris une démarche particulièrement inhabituelle.

Depuis la prison, il avait demandé à être libéré de ses liens d’allégeance avec la France.

Dans une lettre adressée à l’administration, il écrivait notamment : « Je ne me suis jamais senti français et je le serai jamais ».

Sa demande avait été instruite par la préfecture de l’Indre avant d’être acceptée par le ministère de l’Intérieur. Le JDD rapportait dès décembre 2024 que l’objectif était alors qu’il puisse être éloigné vers l’Algérie après avoir terminé de purger sa peine.

Mais ce scénario ne s’est pas déroulé comme prévu.

Aujourd’hui sorti de prison et souhaitant lui-même rejoindre l’Algérie, Tewffik Bouallag reste retenu à Lesquin faute de document ou d’accord permettant d’organiser son départ.

Son avocat, Me Romain Ruiz, décrit désormais la situation comme « un problème insoluble ».

Il estime que les difficultés ne sont pas uniquement administratives et évoque également le contexte politique et diplomatique entre Paris et Alger.

L’affaire intervient en effet alors que les éloignements de ressortissants algériens depuis la France sont devenus un sujet particulièrement sensible dans les relations entre les deux pays.

Selon les chiffres cités par le JDD, 263 ressortissants algériens ont été expulsés en 2025, soit quatre fois moins qu’un an auparavant.

La Cimade estime par ailleurs qu’environ un tiers des quelque 16 000 personnes placées en rétention en France dans l’attente d’un éloignement sont de nationalité algérienne.

Dans le cas de Tewffik Bouallag, certains spécialistes du droit des étrangers pointent également la préparation du dossier par l’administration française.

Anaïs Place, avocate et coprésidente de l’Association pour le droit des étrangers, considère que les autorités françaises auraient dû anticiper sa sortie de prison en sollicitant les autorités consulaires algériennes plusieurs mois auparavant.

Face au blocage, l’ancien détenu tente désormais lui-même de trouver une issue.

Selon son avocat, il a entrepris des démarches auprès du consulat algérien afin d’obtenir un passeport qui lui permettrait de rejoindre l’Algérie.

Le dossier présente ainsi une configuration inhabituelle.

Tewffik Bouallag ne conteste pas son départ de France. Celui qui avait demandé à ne plus posséder la nationalité française affirme au contraire vouloir quitter définitivement le territoire.

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Mais après treize années de condamnation pour son engagement auprès de Daech, son départ vers l’Algérie reste suspendu à une réadmission qui n’a toujours pas abouti.

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