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Le Liban abolit la peine de mort : un tournant historique après 22 ans sans exécution
mercredi 12 août 2026, par
Le Parlement libanais a aboli la peine de mort mardi 11 août. Une décision historique dans un pays qui n’avait procédé à aucune exécution depuis 2004. Désormais, les tribunaux ne pourront plus prononcer de condamnation à mort.
Le Liban vient de franchir un cap majeur dans son histoire judiciaire.
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Réunis mardi 11 août, les députés ont adopté une loi abolissant la peine capitale de la législation libanaise. Une décision particulièrement symbolique puisque le pays appliquait déjà, dans les faits, un moratoire depuis plus de vingt ans.
La dernière exécution au Liban remontait à janvier 2004. Mais jusqu’à présent, les tribunaux pouvaient toujours prononcer des condamnations à mort.
Ce ne sera désormais plus possible.
Le nouveau texte prévoit également que les crimes commis avant son entrée en vigueur et susceptibles d’entraîner auparavant la peine capitale seront sanctionnés par une peine d’emprisonnement à perpétuité.
Une première dans la région saluée par l’ONU
La portée du vote dépasse largement les frontières libanaises.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a salué la décision et présenté le Liban comme le premier pays de la région à franchir cette étape, appelant les États qui maintiennent encore la peine capitale à suivre cet exemple.
L’Union européenne a également salué l’abolition, estimant que le Liban envoyait un signal important en faveur de la tendance mondiale à la suppression de la peine de mort.
Au Liban, le ministre de la Justice Adel Nassar a lui aussi insisté sur la dimension historique de la réforme. Il a rappelé que supprimer la peine capitale ne signifiait pas renoncer à sanctionner sévèrement les crimes, puisque les personnes reconnues coupables restent susceptibles de longues peines de privation de liberté.
Le vote n’a toutefois pas fait l’unanimité. Des députés du Courant patriotique libre et du Hezbollah, ainsi que le député Jihad Samad, ont voté contre le texte.
L’abolition représente également l’aboutissement de plusieurs décennies de mobilisation de militants libanais.
Ougarit Younane, l’une des figures de ce combat, était présente au Parlement lors du vote. Elle a décrit la décision comme un « moment historique », tout en regrettant certaines dispositions maintenues dans la nouvelle législation.
L’article premier du texte conserve néanmoins une formulation particulièrement claire : la peine capitale disparaît de l’ensemble des lois libanaises.
Le changement est considérable.
Pendant plus de vingt-deux ans, le Liban se trouvait dans une situation intermédiaire : aucune exécution n’était pratiquée, mais la peine de mort continuait d’exister juridiquement.
Le vote du 11 août met fin à cette ambiguïté.
D’un moratoire de fait, le Liban passe désormais à une abolition inscrite dans la loi, faisant de cette journée un tournant majeur pour la justice et les droits humains dans le pays.
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