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Rachida Brakni : pourquoi Karima devient Karina dans son nouveau roman
vendredi 21 août 2026, par
Une seule lettre sépare Karima de Karina. Dans La Part absente, paru le 19 août, Rachida Brakni fait de ce changement presque invisible le symbole d’une rupture beaucoup plus profonde avec les origines, l’Algérie et le regard des autres.
Il aura suffi de remplacer un M par un N. Dans le nouveau roman de Rachida Brakni, La Part absente, ce détail apparemment anodin bouleverse toute l’identité de son héroïne.
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Karima est devenue Karina.
La romancière, qui vit en couple depuis des années avec Eric Cantona, place même cette transformation au cœur de son récit : « Voilà près de vingt-cinq ans que j’ai troqué la lettre M pour la transformer en N. KARIMA/KARINA », peut-on lire dans la présentation du livre publiée par les éditions Stock.
Derrière ce changement de prénom se cache pourtant beaucoup plus qu’une simple volonté de recommencer sa vie.
Karina Leroy est désormais mariée, mère d’une adolescente et à la tête de sa propre galerie d’art. Mais avant cette existence soigneusement construite, elle était Karima. En supprimant cette lettre, le personnage tente aussi de prendre ses distances avec une identité susceptible de provoquer préjugés et discriminations.
La présentation officielle du roman évoque ainsi une femme cherchant à s’affranchir d’une « charge sociale et raciale ». Une liberté gagnée au prix d’une rupture avec ce que l’éditeur décrit comme « l’autre rive de la Méditerranée ».
Une lettre pour effacer une partie de son histoire
C’est précisément là que La Part absente prend une dimension particulière pour les lecteurs issus de l’immigration maghrébine.
Rachida Brakni ne raconte pas simplement un changement de prénom. Elle interroge ce qu’un individu peut être tenté d’effacer de lui-même pour s’intégrer, réussir ou simplement échapper au regard que la société porte sur ses origines.
Mais Karina ne parvient pas à faire disparaître complètement Karima.
Lorsque l’équilibre qu’elle a bâti commence à se fissurer, son passé revient brutalement au premier plan. Les blessures de son enfance se mêlent alors à celles de la guerre d’Algérie, élément central du roman. L’Institut du monde arabe souligne lui aussi cette confrontation entre histoire intime et histoire collective dans sa présentation d’une rencontre avec Rachida Brakni prévue le 22 septembre.
Cette question des racines algériennes traverse déjà le travail littéraire de l’actrice. Dans Kaddour, publié en 2024, elle rendait hommage à son père algérien disparu et revenait sur l’expérience de l’exil et du déracinement.
Avec La Part absente, Rachida Brakni passe davantage par la fiction. Mais le questionnement demeure : jusqu’où peut-on modifier son identité sans laisser derrière soi une partie de son histoire ?
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Dans Karima devenue Karina, cette interrogation tient finalement à une seule lettre.
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